Rédigé par Raphaël le mercredi 06 novembre 2013  |  Catégorie Conseils en écriture

Écriture et manque de temps

Écrire exige du travail, et le travail exige avant tout… du temps. Le collège, le lycée, les études, la vie active, sans oublier nos loisirs, nous en grignotent beaucoup et sont impondérables. Il n’est pas question d’arrêter de travailler pour boucler sa trilogie, ni de négliger ses partiels le temps de boucler son chapitre, ni de récolter un zéro en maths sous prétexte que corriger son roman est important. Non, surtout pas ! De même, planter sa compétition de judo pour retoucher son prologue est à bannir.
La vie active et les études (au sens large du terme) sont impondérables. De même, nos loisirs (clubs de sport, troupes de théâtre) sont certes avant tout un plaisir, mais ils constituent un engagement. Ils sont donc aussi impondérables. Mais l’écriture alors ? Eh bien, beaucoup d’auteurs commencent un projet avec un grand enthousiasme, mais ne parviennent pas à avancer faute de temps. C’est ainsi que commence la spirale de la démotivation : le projet de roman prend la poussière, n’est même plus ouvert… Arrivent les vacances, où enfin, on a un peu de temps. Sauf que, faute d’être bien immergé dans son roman, on procrastine, on préfère profiter des fêtes (en décembre) et du soleil (en été)… et quand arrive la rentrée, on n’a finalement pas fait grand-chose ! Commence alors la spirale de la démotivation, souvent assez rapide.


Avancer, c’est quoi ? La façon idéale d’avancer, c’est… écrire tous les jours, et à forte dose. Oui, mais elle n’est possible que lorsqu’on a du temps. Et si tel était votre cas, vous ne seriez pas en train de lire cet article ! Vous pouvez aussi écrire tous les jours, mais à petites doses. Même peu de lignes constituent une avancée.
Et vous pouvez aussi avancer sans vraiment écrire. Mais oui ! Le simple fait de relire votre projet vous maintient en contact avec lui, vous y immerge. Et c’est ça qui est important ! Si vous laissez votre projet s’éloigner de vous, une grande partie du temps libre qu’enfin vous arriverez à dégager sera perdu en réimmersion. Alors que si vous restez en contact, vous allez pouvoir penser à des idées, les faire mûrir…dès que vous serez face à votre manuscrit.
La relecture prend un temps nettement moindre que l’écriture. Quelques minutes par jour (ce qu’on peut toujours trouver) suffisent. Mais avant ces relectures, n’hésitez pas à consulter ceci afin d’éviter qu’elles ne tournent au cauchemar.
Enfin, la documentation, nécessaire pour le réalisme, est bien entendu une avancée importante.
Avancer, c’est avant tout rester en contact avec son projet. Et rester en contact avec son projet, c’est avancer. Préparer l’écriture Si l’écriture elle-même prend du temps, elle peut en prendre moins grâce à une action qui, contrairement à elle, peut se faire n’importe où et n’importe quand : sa préparation. Je ne parle pas ici de la documentation, mais d’une phase de pré-écriture. Une phase qui est facile quand on est bien en contact avec son projet, mais laborieuse quand on s’en est éloigné.
Il s’agit de penser à la prochaine scène, où à cette scène qui a été récalcitrante sous vos doigts d’auteur la veille. L’écriture demande du travail (recherche du style) et du matériel (papier et stylo, traitement de texte). Cette pré-écriture n’a besoin que de votre tête : elle peut se faire par la pensée sans problème ! Et quel travail ? À ce stade, vous pensez juste à l’action et au décor. Bon, allez, avec un peu de temps, vous pouvez déjà voir deux ou trois figures de style. La formulation «définitive» (n’oubliez pas que vous avec plusieurs jets) attendra l’écriture proprement dite. Qui pourra être relativement rapide : elle aura été préparée.
Déculpabiliser ! Avec tout ça, votre projet va-t-il avancer ? Mais oui, soyez confiants !
Pas vite… Vous aurez encore l’impression de ne rien f*****…
Mais non ! Ne voyez surtout pas les choses ainsi ! Vous ne pourrez jamais faire de miracles avec le temps dont vous disposez. Les écrivains professionnels avancent vite parce qu’ils font ce que personne ici ne peut faire : ils passent leurs journées à écrire. Et pour cause : c’est leur métier ! De même qu’un musicien professionnel peut travailler son instrument des heures et des heures tous les jours : ses concerts constituent son salaire et le dispensent donc de se rendre au bureau tous les jours.
Faire de son mieux est toujours énorme. Et si nous y parvenons, nous pouvons être satisfaits.
Nos projets avancent à leur rythme. L’important est qu’ils avancent, d’une façon ou d’une autre. Pas qu’ils avancent vite. Ne perdons pas de vue que, quelle que soit notre vitesse d’écriture, il y aura toujours la nécessité de nombreux jets. Alors, pourquoi s’obstiner à aller vite ?

Mots clés : Conseils, Écriture

Ecrire un commentaire




Quelle est la dernière lettre du mot iceajv ? :