Pour avoir bêta-lu ici et là, je constate que beaucoup d´entre nous souffrent de perfectionnisme. Ce travers les freine terriblement dans des projets qui, pourtant, leur tiennent à cœur.
Je sais, on ne peut pas aller contre sa nature. Mais on peut en limiter les dégâts. Être exigeant avec soi-même est normal pour tout artiste. Mais quand cette exigeance tourne au perfectionnisme...
Bon. Rappelons quelques principes.

«Les écrivains sont les pires juges de leur œuvre» (Stephen King)



Ce grand perfectionniste a beau le savoir, il est encore surpris, malgré toutes ses années de métier, de constater à quel point c´est vrai. Il y a une dizaine d´années, il a écrit une nouvelle intitulée L´homme au costume noir (recueil Tout est fatal). Une fois terminée, la nouvelle lui paraît moyenne. Une fois publiée, elle rafle plusieurs prix !
Au fait, savez-vous que cet habitué des best-sellers a bien failli étouffer sa fabuleuse carrière dans l´œuf ? Oui, vous avez bien lu ! C´est sa femme qui a sauvé de la poubelle le manuscrit de Carrie en insistant pour qu´il l´envoie à un éditeur. La suite a été : best-seller et adaptation en film. Et ça ne s´est pas arrêté là : les autres romans ont eux aussi été des succès, et souvent des films.
Et sinon... Si je vous parle d´une chômeuse qui écrit pour son plaisir et qui envoie son manuscrit à des éditeurs sans vraiment y croire parce qu´elle trouvait ça un peu léger... Eh bien la chômeuse, c´était... JK Rowling !
Donc, au lieu de vous fier à votre jugement, fiez-vous plutôt à... vos bêta-lecteurs. Dans notre génération, nous avons la chance de bénéficier de cet outil : profitons-en !
Attention : certains bêta-lecteurs ont tendance à tomber dans le travers de la réécriture. Au lieu de conseiller l’auteur, ils réécrivent, sans en avoir conscience, le texte à leur sauce à eux. Mais la bêta-lecture pourrait faire l’objet d’un autre article.

Un texte, c´est un tout


J´en ai pris conscience en bêta-lisant, sur un tout autre forum, une fille qui refusait d´écrire une phrase sans métaphore. Dès qu´on lui conseillait une phrase simple, elle s´insurgeait parce que ça «faisait plat».
Voici un des maux du perfectionniste : il fignole chaque phrase, pèse chaque mot, chaque virgule... Déjà que plusieurs jets d´un même texte, c´est long, alors plusieurs jets d´une même phrase... Imaginons une chanson composée uniquement des riffs les plus démentiels qui soient, des solos les plus grandioses... Moi, ça me saoûlerait très vite, alors que les compositeurs y auront passé des heures.
Quand vous savez qu´écrire, écrivez-le, de façon brute. Si vous tenez un fond, polarisez-vous avant tout sur ce fond : les actions, les répliques, les décors... Vos phrases seront très certainement banales, bien entendu. Il est normal, à ce stade, que ce soit bateau. Mais là, vous disposez d´un fond auquel vous pouvez donner la forme adéquate : vous pouvez savoir si une métaphore convient ici ou là, par exemple...
Mais alors, me direz-vous, on fignole chaque phrase ? Oui, mais vous la fignolez dans son contexte, qui vous guidera : c´est du fignolage efficace. À condition de ne pas y passer des heures.

Un auteur n´est qu´un être humain



Et ce, quel que soit son niveau. En tant qu´humain, il aura beau passer ses journées à écrire, dormir peu pour ménager du temps à l´écriture, il laissera TOUJOURS, sur un manuscrit de roman (soit une très grande quantité de signes !), quelques imperfections. Il arrive un moment où il est bien obligé de se dire : «Allez hop ! Adjugé !».
Mais les meilleurs, qui nous pondent tant de chefs-d´œuvre, ils ne sont pas humains, puisqu´ils envoient à leur éditeur quelque chose de parfait ! Eh bien non. Un éditeur dispose d´un service de correction. Entre le moment où l´éditeur accepte la publication d´un manuscrit et l´impression des exemplaires, il y a toujours une étape : la correction. Elle porte sur la langue (aussi fortiche en français soit-il, cet être humain nommé auteur laissera toujours traîner une ou deux, voire plus, coquilles), sur le style (l´auteur, humain, va bien entendu saturer à force de rechercher la meilleure formulation, et les correcteurs vont lui signaler les imperfections)...

Bien entendu, quand nous en avons fini avec le perfectionnisme, nous ne devons surtout pas perdre de vue la persévérance…

Raphaël

6 commentaires

#1  - Laura C a dit :

J'adore ton site, merci à toi, continue ainsi

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#2  - Coiffure a dit :

Tu sais vraiment plein de choses, c'est dingue ! Bravo en tout cas

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#3  - Location vacances a dit :

Je suis belge et j'adore ton site, c'est un blog vraiment intéressant

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#4  - Veloclic a dit :

Hé oui, perfectionnisme et persévérance ne sont pas la même chose.

Le premier fait souvent s'enliser dans ses projets et la première fait avancer.

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#5  - Pyrameed a dit :

J’ai vraiment adoré te lire merci

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#6  - blog a dit :

Vous avez un site agréable à feuilleter avec des postes et un style captivant, continuez ainsi !

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