Rédigé par Raphaël le vendredi 22 novembre 2013  |  Catégorie Conseils en écriture

Trouver un titre

Il est courant de voir des auteurs appréhender cette étape, difficile pour eux, mais incontournable. Vous avez terminé votre manuscrit, vous avez bien écrit tous les jets nécessaires (vous n’en êtes pas resté au premier, j’espère !), mais il vous manque quelque chose d’essentiel : le titre. Vous avez l’impression de savoir le genre de titre que vous ne voulez pas, mais pour le genre de titre que vous voulez, c’est une autre paire de manches !

Faut-il chercher un titre avant de commencer son manuscrit ?
Chaque auteur a sa méthode. Certains conseillent de terminer au moins un jet de son manuscrit : il serait plus facile de trouver un titre une fois que l’on tient son intrigue. Ce n’est pas faux, mais pas nécessaire chez tout le monde. Je sais qu’en ce qui me concerne, il n’est pas rare qu’un titre me vienne en même temps que l’idée de base, que je sois assez inspiré pour plancher dessus…
L’essentiel est que cette question ne vous bloque pas : si vous passez plusieurs jours sans commencer les premières lignes de votre manuscrit parce que vous n’arrivez pas à trouver cette saleté de titre, arrêtez tout de suite ! Commencez à écrire sans plus tarder, le titre viendra après.
Eh oui, un titre, ça peut se montrer capricieux : ça vient quand ça veut !

Mais… il n’y a pas moyen de le forcer ?

Le forcer est à proscrire ! Mais le stimuler par la réflexion, c’est possible, et même recommandé. Pas dans le cas où l’écriture s’en trouve bloquée ! Là, il convient, comme je l’ai dit plus haut, de commencer le manuscrit et de reporter la question. Au moins le temps de se reposer.
Une fois qu’on réfléchit de nouveau à son titre (et ça peut très bien être avant la fin du manuscrit)…

…on applique une recette qui fonctionne à tous les coups !

Une telle recette n’existe pas. Toutefois, on sait qu’un titre est le premier contact entre un livre et ses lecteurs : il doit donc les attirer immédiatement.
On sait également qu’il n’est que le premier contact : il ne doit donc pas dévoiler l’intrigue, bien qu’il soit en rapport avec elle.
Connaissant ces deux principes généraux, nous pouvons explorer quelques pistes de recherche :

Le nom d’un personnage

L’idée la plus simple qui soit : l’histoire va porter pour titre le nom, le prénom, le surnom ou le métier du héros. C’est ainsi que Stephen King a écrit l’histoire de Clay «Blaze» Blisdell sous le titre Blaze. Manuel Vázquez Montalbán, pour son héros Pepe Carvalho, intitule sa série Le privé (métier de Carvalho). Et Georges Duroy est surnommé par Maupassant Bel-Ami avant même qu’on ouvre le roman.
Le nom du méchant ou de la menace peut aussi être une bonne idée : c’est sous le titre Dagon que Lovecraft nous parle d’une terrifiante créature sous-marine. Et un titre comme L’appel de Cthulhu est une application de cette idée. Et ça peut donner quelque chose de poignant, comme ce titre de Tatiana de Rosnay : Elle s’appelait Sarah.
Plus subtil : le personnage est nommé par une périphrase. Certes, JRR Tolkien nomme ouvertement Bilbo le Hobbit, mais bien malin est celui qui devine qui est Le seigneur des anneaux

Un lieu

Lieu qui peut être le monde (lorsqu’il est imaginaire) de l’intrigue. Clive Barker parle dès ses titres du Royaume des Devins, d’Imajica… À éviter lorsque le monde de l’intrigue est une ville ou une région réelle : je doute que Paris, New York, La Mayenne soient des titres bien efficaces ! Là, il est plus intéressant de désigner la ville par un surnom, une périphrase… Stephen Gallagher a ainsi nommé Phoenix La vallée des lumières le temps de mettre son héros Alex Volchak aux prises avec une bien sinistre créature…
Lieu qui peut être un lieu-clef de l’intrigue, comme le Simetierre de Stephen King (le titre original, Pet semetary, désigne le même lieu).

Plus c’est court, mieux c’est !

Faire court pour que ça marque. Un principe essentiel de la communication, que tout bon publicitaire sait appliquer.
Prenons un titre qui va à l’encontre de ce principe. Le roman de Philip K. Dick dont est tiré le remarquable film Blade runner (un titre idéal) se nomme… Les androïdes rêvent-ils de mouton électrique ?, et c’est la traduction littérale du titre original. C’est le genre de titre à fuir ! Attention : je ne juge pas du tout le roman ainsi. Je ne parle que du titre. Un tel titre vous attire-t-il ? Pas moi, je l’avoue…
Les auteurs anglo-saxons semblent apprécier les titres en un mot : Dean Koontz n’hésite pas à intituler ses romans Whispers, Phantoms… Le second a été judicieusement traduit par Spectres. Pour le premier, c’est hélas moins heureux : La nuit des cafards. C’est d’autant moins heureux que cette traduction fait deviner au lecteur un élément important (ce qu’un bon titre doit éviter !) que le titre original lui aurait caché… Il semblerait que les français aiment moins ces titres en un seul mot, mais qu’ils s’y mettent.
Faire aussi court n’est pas une obligation. Samantha Bailly avait intitulé son diptyque de fantasy Au-delà de l’Oraison. Un excellent titre. Milady-Bragelonne, en le rééditant, a imposé un titre plus bref : Oraisons. Est-ce mieux ou moins bien ? À chacun d’en juger.
Personnellement, et sans doute l’avez-vous vu sur la page d’accueil du site, j’ai un faible pour les titres sans article. Je leur trouve un certain impact.
Une jeune auteure avec qui je discutais un soir alors qu’elle cherchait un titre m’a dit qu’elle n’aimait pas les titres Le (…) de (…). Sans m’interdire ces titres, il est vrai que je n’en raffole pas. Ce qui ne m’empêche pas de trouver quelques réussites dans ce genre : Le masque de la mort rouge et La chute de la maison Usher (Edgar Allan Poe), notamment.

Y a-t-il des mots à éviter ?

Il est vrai que certains, à force d’être vus et revus dans des titres, finissent par ressembler à des clichés. Les adjectifs de couleur, des mots comme «Enfer», «Bête», «Monstre»… peuvent vous rebuter. Mais en les agençant de façon un peu originale, vous pouvez fort bien faire oublier leur apparente banalité.


Voilà ! Ce topo sur les titres est terminé. Il ne prétend pas être exact : trouver un titre est l’affaire du goût de chacun. Vous pouvez donc fort bien détester les titres en un seul mot et raffoler des longues phrases. Le titre ne doit pas vous faire oublier que c’est avant tout votre histoire qu’il convient de réussir…

Mots clés : Conseils, Écriture, Titre

Commentaires

#1 Par voyance par telephone le mercredi 24 septembre 2014 @ 16:31

Je me suis aperçu que concernant un sujet similaire, l'article que j'ai écrit paraît quelque peu vide, je devrais prendre modèle sur votre manière de faire...

#2 Par Gabriel le mercredi 03 décembre 2014 @ 22:43

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#3 Par Lou le jeudi 04 décembre 2014 @ 12:01

Franchement, tu as visé juste avec cet article, c'est ce que je cherchais !

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#7 Par Voyance Gratuite le lundi 27 avril 2015 @ 16:12

Un bon titre doit résumer et donné envie!

#8 Par camille le jeudi 20 août 2015 @ 22:41

Vous possédez un site attrayant à fréquenter avec des sujets et un style intéressant, ne cessez pas !

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